Chaque communauté, chaque cite abritant une population à sa petite histoire, sa genèse, ses origines enjambant inexorablement, au fil des temps, les vicissitudes et avatars de l’histoire pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Mbao Info est allé fouiller pour vous dans les archives poussiéreuses des bibliothèques ce récit. Ce n’est qu’une version parmi tant d’autres.
L’histoire des deux villages de Mbao est fort complexe. Mais à l’origine ils formaient un seul bloc fondé par deux frères de même nom. Vivant jusqu’alors chez leur oncle Ndiagne Ndoye à Kounoune. Partis de la région de Keur Massar, Macoumba « Mag » le (grand) et Macoumba « Ndaw » le (jeune) s’installeront tour à tour à l’emplacement actuel des Industrie Chimique du Sénégal (Ics), à Gal (certains disent Abgal), puis à Kaye Fass, avant de gagner le littoral vers 1878.
La séparation du village historique en deux eu lieu une première fois 1900 avant de devenir effective en 1986. En effet la conversion du frère aîné à l’Islam provoqua le départ de son cadet « très attaché à la religion des grands pères et…au vin de palme » vers l’emplacement actuel du cimetière de petit Mbao. Son village fut appelé Mbao Gou Ndaw (celui du jeune frère). Après leur réconciliation, Mbao reviendra un seul village. D’après Papa Demba Fall dans son essai intitulé « Du village à la Banlieue : l’évolution des villages lébou du rivage Méridional », publié à Paris en 1986 : « Macoumba Ndaw reviendra à Mbao Gou Mag à a suite d’un raz de marée qui fit plusieurs morts dans son entourage….un jeune frère doit toujours suivre les conseils de son aîné… il s’excusa et revint dans le village protégé par les génies.
En 1916, une épidémie de fièvre jaune acheve de diviser Mbao en deux. Fuyant l’épidémie, des villageois conduits par Mour Seck, apparenté à la famille Ndoye vont s’installer au delà du marigot qui servit de cordon sanitaire. Malgré la séparation des deux villages, les habitants des deux cites entretiennent d’étroites relations ».
Souleymane Pouye